Société

Les comorbidités psychologiques et sociales liée à la pandémie de Covid-19 doivent-elles participer au débat bénéfice/risque de la vaccination anti-covid chez le sujet jeune ?

Le BMJ publie cette lettre-débat entre experts de différentes professions médicales ou non sur la question « faut-il retarder la vaccination anticovid-19 chez les enfants ? » dans un contexte où la vaccination anti-Covid-19 est autorisée depuis l’été par le gouvernement britannique chez les plus de 12 ans… tout est évoqué les questions éthiques, de sécurité sanitaire, de bénéfices, de risques, de coût, d’enjeux industriels pharmaceutiques, d’iniquité internationale entre pays riches et ceux en développement…

Ceux contre la vaccination pour cette tranche d’âge questionnent le bénéfice net de la vaccination en lui préférant l’accès aux personnes vulnérables à l’échelle mondiale, ceux pour la vaccination s’appuient sur les autorisations des tutelles de santé et le bénéfice à ne pas entraver les libertés de circulation des plus jeunes ce qui est largement repris dans un commentaire Italien au BMJ à cette lettre publiée le 20 Août (Marchetti et al.).

Ces derniers soulignent l’impact psychologique, relationnel, amical, amoureux, cognitif, professionnel à terme et les conséquences sur la santé mentale de la pandémie de Covid-19 sur cette population en lien avec la fermeture des écoles et autres centres ou lieux d’activité ou de rencontre. Ces conséquences lourdes selon eux sont à inclure dans les conséquences de la pandémie et être pris en compte dans une démarche de prévention

De ces échanges nous partageons, grâce aux études récemment publiées et retours d’expérience clinique sur le terrain, une augmentation des troubles particulièrement préoccupants chez les adolescents à type d’anxiété, de dépression, de suicide, de troubles du sommeil, du comportement alimentaire, d’automutilations etc.

Si on devait tenter une synthèse, on pourrait avancer qu’aujourd’hui avec les mutants actuels qui circulent et pour cette tranche d’âge :

  • le virus n’est pas plus à risque que son vaccin à cet âge et inversement,
  • la vaccination n’empêche pas le portage du virus et impose pour tous le maintien de règles d’hygiène adaptées aux situations qui peuvent évoluer,
  • le risque de mutations plus pathogènes chez des sujets plus jeunes n’est pas plus prévisible que celui d’effets à long terme de la vaccination,
  • la pandémie fut et reste à risque en cas de nouvelle vague forte de dommages psychologiques et/ou sociaux graves pour la génération 11-25 ans,
  • la vaccination doit au moins permettre de réduire le risque de reconfinement total et de favoriser la reprises des activités pour ne pas favoriser le risque de comorbidités psychologiques et sociales d’une génération à risque d’être Covid-19.